Fushimi Inari-Taisha : le sanctuaire aux milliers de torii

Fushimi Inari-Taisha : le sanctuaire aux milliers de torii

C’était sans doute le lieu que j’attendais le plus de voir, devant les bambous d’Arashiyama. Je voyais tellement souvent cette photo iconique avec cet alignement de portes rouges, symbole fort du Japon, que l’on appelle un torii (j’arrive pas à savoir s’il faut un s en disant des torii vu que j’en vois jamais… en plus)

Fushimi Inari : plus grand sanctuaire shintoïste du Japon

Fushimi Inari est un sanctuaire shinto, la religion principale au Japon. Le principe du shintoïsme repose sur la croyance en des divinités, qui peuvent être autant des personnes, animaux ou simplement les forces de la nature (ce qu’on appelle dans l’ensemble des kami).

Ici, le sanctuaire est dédié, comme son nom l’indique, à la déesse Inari, déesse du riz (et dans l’absolu, de la richesse). On croise aussi à plusieurs endroits des statues représentant un renard, avec parfois dans sa gueule comme un rouleau de parchemin, c’est normal, car celui-ci représente le message de la déesse.

messager renard fushimi inari taisha - kyoto

Le site s’étant sur plusieurs kilomètres à travers la montagne qui le jouxte. Le chemin de randonnée monte au sommet du mont Inariyama et vous trouverez de quoi vous restaurer et faire des pauses le long.

La balade complète se fait normalement en 2 h, mais la plupart des gens, comme nous, je l’avoue, faute de temps, vont se contenter de la partie basse, là où se concentre l’ensemble de couloir de torii qui caractérise les lieux.

Le torii : symbole d’un passage vers un autre monde

Le torii est vue comme un porte, d’un point de vue pragmatique, il symbolise l’entrée vers un sanctuaire shinto, d’un point de vue spirituel, c’est comme si vous quittiez le monde « humain » et entriez dans le monde des « divinités ». Le site de Joranne raconte tout ça très bien, en dessin et avec humour.

Quand on voit ce nombre impressionnant de portique, on peut ressentir une certaine ferveur pour la déesse, pour autant, les torii sont souvent financé par des personnes aisées, des entreprises.

inscriptions torii sanctuaire

Ce torii vous est offert par … !

En contrepartie du coût (entre 1 400 € et plus de 10 000€ selon la taille et son emplacement), les torii sont gravés avec le nom du donateur ainsi que la date d’implantation. Tout de suite ça donne un caractère moins sacré à la chose…

Car en voyant ces écritures à la verticale derrière chaque poteau, on pourrait s’imaginer des paroles profondes, des prières ou pensées philosophique… Mais non, en extrapolant un peu, c’est juste un p’tit coup de pub comme un vulgaire sponsor…

Bon, allé, je vais pas casser le mythe non plus, de toute façon, je ne lis pas le japonais alors restons dans cette part de rêve et d’imagination. 😉

Fushimi Inari : visite entre Kyoto et Nara

Comme nous quittions Kyoto pour nous rendre à Nara, plus au sud, nous avions pris le train JR de la ligne Nara depuis la gare de Kyoto. En arrivant à la gare d’Inari quelques stops plus loin, nous avions donc nos bagages avec nous.

On était confiant qu’on allait trouver des consignes à bagages. C’était le cas à la gare, mais celles-ci n’était pas dispo alors on nous dirigeait quelque part sur la gauche. La gare fait littéralement face à l’entrée du sanctuaire, où trône un énorme torii au milieu de l’allée.

sortie gare inari - kyoto

Le monde a la sortie de la gare.

consigne bagages proche gare inari - kyoto

50m à gauche, vous ne pourrez pas le louper.

Il y a du monde, mais cette fois ne suis guère surpris. Faudra faire avec. Environ 50 m sur la gauche à la sortie de la gare (côté Inari), on trouvait en effet une boutique offrant de garder les bagages (moyennant 300 ¥ par valise).

Une fois délestée, on pouvait s’engouffrer parmi la foule transitant dans les lieux et commencer notre exploration, non sans une once d’excitation pour ma part. Après avoir passé l’imposante porte principale, nous étions dans la cour de la partie principale du sanctuaire.

torii entree fushimi inari taisha - kyoto

fushimi inari taisha - kyoto

C’est ici que se concentre les principaux bâtiments, celui pour les prières, et un hall pour des danses et chants religieux, auquel on assistera (photos interdites dans ce coin). On s’attarda un peu vers le mur sur lequel sont suspendu tout un tas de mini torii (version porte-clé) chacun portant l’inscription du donateur, avant de commencer à monter les marches, non sans croiser des statues du messager renard.

mini torii fushimi inari taisha - kyoto

C’est là qu’on voyait ce panneau, indiquant un plan des lieux et c’est donc là que je compris l’étendue des lieux… Je tout de suite compris qu’on ne verrai qu’une toute petite partie, mais ainsi va la vie.

plan sanctuaire fushimi inari

Y’a tout ça ??

On avance donc encore un peu et on passe sous nos premiers torii. Des grands torii. À mon grand soulagement, la foule est assez dispatchée, donc on se marche pas non plus sur les pieds. Jusqu’à arriver un peu plus loin à l’embranchement du coin qui fait la renommée du lieu.

Fushimi Inari : a savourer à son rythme

2 allées de torii particulièrement serrés et bien alignés se présentent devant nous (il y a là déjà 1000 torii entassés). Voilà, c’est THE endroit pour ZE photo. Sur le moment je perdais tout espoir pour une photo « propre », iconique. Chaque allée circulait dans un sens (ce que certains avaient du mal à comprendre puisqu’on en croisait en contre-sens de l’autre côté…)

Alors je poursuivais mon chemin sans me soucier des barres à selfies et me contentait de persévérer dans notre exploration, en me disant qu’en montant plus haut, plus loin, on serait plus tranquille.

couloir torri fushimi inari taisha - kyoto

Mes premiers torii !

traversee entre les torii fushimi inari taisha - kyoto

Mais alors que je me retournais dans ce couloir de torii, j’ai soudain vu comme un vide. Non, je ne rêvais pas, il y avait bien un créneau d’un coup sans personne ! Pourquoi ? Parce qu’au final, à tous vouloir leur photo devant l’embranchement des 2 allées, ça bouchonne, chacun attends, et veut aussi sa photo, donc parfois, il y a un trou sans personne dedans.

Et là, c’est le jeu de la vitesse et un certain malin plaisir à mitrailler pour obtenir la photo Cliché. Obtenant une photo satisfaisante, je me disais, c’est bon, on peut y aller. On arrivait donc au petit sanctuaire d’Okusha.

allee torii fushimi inari - kyoto

yeah y’a personne !

colonne de torii fushimi inari taisha - kyoto

De côté c’est sympa aussi.

Ici, les petits torii ont laissé place à des têtes de renard kawaï (ça veut dire mignon en japonais), que certains remplissent d’un regard malicieux ou tout autre sentiment qui leur vient en tête en leur dessinant, yeux bouches tout en paraphant le dos avec leur voeu et date de passage.

D’ordinaire friand de ce genre d’initiative, on passait outre et on continuait la balade. Arrive un « carrefour » avec sur la gauche, une plateforme où trône sur le côté la racine d’un arbre (pour la chance ?) ainsi que des pierres avec des inscriptions, devant lesquelles sont posés de petits torii.

renard voeu fushimi inari taisha - kyoto

Vous voyez Bangkok écrit ?

En face, un chemin monte dans la forêt tandis qu’ne poursuivant tout droit depuis le sanctuaire aux têtes de renard, ça continue sur le chemin principal, toujours en passant sous un ensemble de torii.

Histoire de dévier de la trajectoire principale, je décidais de monter voir le chemin. Ça monte ce qui n’est pas tout à fait au goût de Jitima qui me suit bon gré mal gré. On se retrouve plus au calme, entouré par une forêt de bambous sur notre droite.

chemin montagne fushimi inari taisha - kyoto

Au moins y’a personne là.

forêt fushimi inari taisha - kyoto

Et plus loin, un petit sanctuaire, on en fait vite fait le tour et tombe sur un plan, avec les distances indiqués… Conclusion, on fait demi-tour. Faire la boucle nous prendrait trop de temps donc on rebroussait chemin jusqu’au carrefour d’où nous venions.

Comprenant à ce moment-là que je n’aurais pas mes passages au calme avec des torii désert et nourri dans mon désir d’illustrer ce lieu, je tenais à revenir pour une 2e dose de photos à l’embranchement plébiscité.

Et là, je prends mon mal en patience, ce que je sais très bien faire en général, qui plus est quand il s’agit de photos. Un Indien profite d’un créneau pour lui demander de faire une photo de lui, je lui obtiens LA photo parfaite avec le couloir complètement libre derrière lui. En retour, il m’offre de me rendre l’a pareille (mais en moins bien).

Du coup même si on a une sale tête dessus, on s’est laissé tenté (rêvez pas, je vais pas la poster !). Par contre, je laissais tomber l’idée d’avoir la photo de l’embranchement en lui-même, mais refaisant un tour dans le tunnel de torii, dans les 2 sens. Et là, je dois dire qu j’ai été servi dans les temps morts m’ayant permis d’obtenir ce que je voulais.

torii de fushimi inari taisha - kyoto

Si on ajoute ces moments avec les prises de vues de nanas en yakuta, j’ai eu mon portrait bonus de la journée. Je joue encore un peu avec les angles, la lumière, les écritures et repars, content de ma session.

Alors oui, résumer un lieu, sacré qui plus est, à une sorte de terrain de jeu pour photo, je sais, c’est pas terrible… Mais souvent comme ça dans un lieu particulièrement symbolique et à l’image forte.

portrait aux torii de fushimi inari taisha - kyoto

J’ai profité que la demoiselle se faisait tirer le portrait pour apporter ma touche.

Je me sens évidemment un peu coupable d’avoir survolé le site, juste pour obtenir ma petite série d’image idéal pour un top « VU / A faire au Japon » mais le temps (et l’argent) a ses limites…

Si l’occasion se présente, je reviendrai avec plaisir en y appréciant mieux toute l’étendue, tant qu’à faire, à une autre saison pour profiter de couleurs et d’une ambiance différente.

Fushimi Inari : informations pratiques

Le site est ouvert 24h24. Info toute bête qu’on ne connaissait pas particulièrement, du coup vous pouvez aussi bien arriver très tôt le matin pour être plus tranquille, mais aussi plus tard le soir !

Faire la randonnée de nuit est par exemple tout à fait possible (voir ce que ça donne Fushimi Inari de nuit).

Autre bonne chose et c’est logique, c’est tout le temps ouvert, donc c’est gratuit !

C’est une visite qui peut se combiner avec la visite du temple Daigo-ji, il suffit de descendre à la Rokujizo, toujours en descendant sur Nara via le train JR et prendre le métro de la ligne Tozai jusqu’à la station Daigo, de là il y a 1 km à pied (vous pouvez ensuite remonter à Kyoto direct en métro via la même station).

Se rendre à Fushimi Inari

En train – notre option, ligne JR Nara (train local) et s’arrêter à la station Inari (à peine 5 minutes depuis la gare de Kyoto). Tarif : 140¥ (à peine plus d’1€ sans JR Pass)

Il y a aussi un bus qui descend vers le sud même si pour le coup il est plus cher que le train (220 ¥). Prenez le bus 南5 dont le kanji se lit « minami » et signifie « sud » puis descendre à la station Inaritaishamae (ça prend 10 minutes).

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Lorsque je découvrais la Thailande en 2006, je ne m'attendais certainement pas à y poser mes valises 2 ans plus tard ! Depuis, je suis basé à Bangkok et je voyage régulièrement à travers toute l'Asie. Je partage mes récits, photos, conseils sur la vie d'expatrié en Thailande et sur les pays d'Asie, pour ceux qui veulent découvrir le pays du sourire, qui cherchent un peu d'aventure et ceux qui rêvent d'Asie (ou ceux qui veulent rêver tout court ;-)

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by Romain time to read: 8 min
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