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Située au nord du Laos, à la confluence du Mékong et de la rivière Nam Khan, Luang Prabang (qu’on peut voir également francisé en Louang Prabang), demeure la destination la plus prisée des touristes dans le pays, surpassant même l’actuelle capitale de Vientiane, bien moins populaire.

Cet intérêt est notamment dû au statut de l’ancienne cité royale, classé au Patrimoine mondial de l’Humanité en 1995. Son charme actuel repose sur un fascinant mélange entre ses nombreux temples témoignant de son riche passé et les transformations survenues pendant l’époque de l’Indochine française. Cette période a vu la ville se moderniser et s’enrichir d’infrastructures ainsi que de bâtiments à l’architecture coloniale.

luang prabang - laos

Cette symbiose entre l’héritage lao et l’influence française confère à Luang Prabang un caractère unique : elle évoque une ville de province à la française, agrémentée des touches exotiques typiques de l’Asie.

Lors de ma première visite, j’avais été immédiatement séduit par cette ville, et je savais que j’y reviendrais un jour. Il m’aura fallu près de dix ans pour y retourner, cette fois-ci en compagnie de Jitima, qui découvrait pour la première fois cette cité légendaire du Laos. Dans cet article remis à jour, je vous emmène à la (re)découverte de Luang Prabang et de ses attractions après avoir passé un peu plus de temps que mon premier séjour.

Brève histoire de Luang Prabang

Une présence humaine est avérée dans la région au moins depuis 8 000 ans avant JC, autant dire que ça date pas d’hier ! Avant le XIVe siècle et la naissance du royaume de Lan Xang, la petite ville est déjà la capitale d’un royaume local, appelé Muong Xua et s’appelle alors Xieng Thong Xieng Dong.

Au milieu de 14e siècle, le roi Fa Ngum, de retour d’un séjour dans le royaume khmer, décide d’unifier les principautés composant le Laos pour en faire Royaume du Million d’Éléphants (la traduction littérale de « Lan Xang »).

Cette unification s’accompagne de l’introduction et de l’imposition du Bouddhisme. Le roi d’Angkor n’avait pas oublié son gendre (Fa Ngum avait épousé sa fille) et pour le féliciter de ses réalisations et de sa ferveur pour Bouddha, le roi khmer envoya à Fa Ngum un Bouddha d’or le Pha Bang, également écrit Phra Bang qui devint le symbole du royaume et son palladium (l’article le plus sacré existant qui était également lié à la protection de la ville et du royaume).

Vous l’aurez devenez, c’est ce qui donnera plus tard son nom à la cité. En effet, lorsque la capitale est transférée à Vientiane au milieu du XVe siècle, Xieng Thong Xieng Dong prend alors le nom de Luang Phra Bang, en l’honneur de la statue sacrée, devenue un palladium national.

À l’éclatement du Royaume de Lan Xang en 1707, Luang Prabang devient un royaume indépendant jusqu’en 1893. Ces deux siècles sont tumultueux pour la ville, qui subit des pillages par les Birmans de la dynastie Konbaung en 1773, est détruite par un incendie majeur l’année suivante, et de nouveau pillée en 1887, cette fois par les Pavillons noirs chinois. Peu après, elle est finalement occupée par les troupes du Siam avant son annexion par la France.

Sous l’administration française, qui s’étend de 1893 à 1953, Luang Prabang sert de résidence au commissaire français. La ville conserve de nombreuses traces de cette époque coloniale, avec la construction de routes, ponts, écoles, hôpitaux et surtout les nombreuses maisons encore visibles aujourd’hui.

detail bas-relief wat mai luang prabang laos

Détail d’un bas-relief au Wat Mai.

Depuis l’ouverture du Laos au tourisme en 1989, Luang Prabang a connu une transformation significative. La ville a vu ses infrastructures se moderniser et de nombreuses maisons historiques ont été restaurées pour accueillir des maisons d’hôtes, hôtels et restaurants, répondant ainsi à la demande croissante des visiteurs.

Son inscription sur la liste du Patrimoine mondial de l’UNESCO en 1995 visait à prévenir une urbanisation incontrôlée et à protéger la ville contre les transformations excessives dues à l’augmentation du tourisme. Luang Prabang est aujourd’hui considérée comme l’une des villes les plus charmantes et préservées d’Asie, en grande partie grâce à la Maison du Patrimoine qui œuvre à la préservation de la vieille cité.

maison du patrimoine unesco luang prabang

Maison du patrimoine à Luang Prabang.

L’architecture et l’ambiance de Luang Prabang

Lors de mon premier séjour à Luang Prabang, j’avais été immédiatement séduit par son atmosphère singulière. Arrivé à la suite d’une croisière de deux jours sur le Mékong avec mes parents, ma première découverte fut la rue longeant le fleuve. Elle est bordée d’un alignement de maisons au style colonial, alliant bois et briques, offrant un charme intemporel.

Pour cette nouvelle visite, notre hôtel était idéalement situé à proximité de cette rue, près de la confluence de la rivière Nam Khan et du Mékong, littéralement voisin du célèbre temple Vat Xieng Thong. Dès notre arrivée, nous avons profité de la vue et du coucher de soleil sur le Mékong, une excellente manière de se replonger dans l’ambiance unique de cette ville.

Malgré la popularité de Luang Prabang comme destination touristique, une impression de quiétude y règne. On ne se sent pas submergé par la foule, notamment parce que la plupart des visiteurs passent leurs journées à explorer les sites alentour, comme les fameuses chutes de Kuang Si. De plus, en mars, mois de mes deux visites, la chaleur peut être intense, incitant les gens à éviter les heures les plus chaudes.

Si on fait abstraction des motos, assez nombreuses selon les horaires, et des vélos dans une moindre mesure, cela donne un peu une impression que la ville « appartient » aux piétons. Même si pour cette fois, on croisait pas mal de vans à touristes, particulièrement le long des berges.

Lors de notre première soirée, nous avons profité de la fraîcheur du soir pour nous promener dans la vieille ville, où l’on se laissera d’ailleurs tenter par un dessert. . En chemin, j’y recroisais l’illustre vieille Citroën rouge appartenant au restaurant 3 Nagas (toujours en excellent état !), je faisais aussi quelques photos du Wat Sensoukharam, temple devant lequel on passait.

Le lendemain, après la visite du Vat Xieng Thong, puis un petit café proche de notre hôtel, on longeait la rue bordée par la rivière Nam Khan, au sud de la vielle ville. Cette rue mêle l’architecture lao-coloniale, avec ses constructions en briques et bois, et des édifices plus récents aux façades art déco.

On croisait là un groupe de gamins qui remontaient d’une baignade dans la rivière. Ces derniers s’empressent alors de récupérer des fruits dans un arbre bien garni, d’abord en essayer de les faire tomber en balançant une branche, puis, voyant le manque de succès y compris après avoir essayé de les aider (étant plus grand donc plus proche), ils finirent par grimper dans l’arbre, permettant de grappiller et de manger un fruit frais, que découvrait Jitima qui goûtait pour l’occasion (et au final, je sais pas ce que s’était…).

Dans ce coin, d’où l’on voit la montagne au fond et le vieux pont français qui traverse la rivière Nam Khan, il est normalement possible de voir un pont en bambou. Ce dernier est reconstruit chaque année, car il est démonté ou détruit à cause de la montée des eaux lors de la saison des pluies.

C’est un pont saisonnier, présent qu’en saison sèche, à la base l’initiative d’un privée, pour permettre aux gens de rejoindre plus facilement le vieux centre de Luang Prabang et son établissement (c’est construit au pied du restaurant Dyen Sabai, une bonne référence à Luang Prabang). Cela évite un détour par la route de plusieurs kilomètres.

gamin arbre fruitier luang prabang

On voit à peine le gamin dans l’arbre !

rive droite rivière nam khan luang prabang

La rive en face de la presqu’île du vieux centre.

Un autre pont similaire est théoriquement visible à la confluence de la Nam Khan et du Mékong, près du Viewpoint Café que nous avons testé (voir la section sur les restaurants et cafés testés). Ce dernier est par ailleurs payant (1$ la traversée) mais il n’était pas présent lors de ce séjour. L’autre pont en bambou non plus d’ailleurs car toute la rive en face était en travaux d’aménagement, a priori pour stabiliser mais ça annonce pas mal de béton et pourrait dénaturer les berges…

Ensuite, après un rapide passage au Wat Siphoutthabath, situé au pied du Mont Phousi, nous avons exploré la rue principale du vieux Luang Prabang, la Sisavangvong Road. Cette rue est bordée de nombreux restaurants et commerces et abrite le marché de nuit, situé devant le musée du Palais royal.

J’aurais aimé flâner plus longtemps pour photographier les maisons colorées et immortaliser les scènes de vie de ces ruelles, mais nous avions des impératifs ce jour-là. Ayant un rendez-vous dans un spa que nous avions réservé (et qui offre une navette gratuite), nous avons dû commencer à revenir vers notre hôtel. Nous avons alors complété notre demi-journée en empruntant la rue longeant le Mékong.

Après notre pause détente au spa (c’était bien en dehors de la déco, qui ne matchait pas l’essence de l’endroit, qui se veut chic), on se rendait au marché de nuit, ce qui nous faisait repasser par ce que je considère comme la rue principale.

Avec les lumières de fin d’après-midi et la chaleur qui commence à devenir supportable, c’est un moment appréciable. Et pour revenir à notre hôtel, je vous le donne dans le mille, re petit tour par la rue bordant le Mékong, histoire de ne pas simplement revenir sur nos pas et refaire une boucle dans la zone.

C’est ce qui nous fera aller à notre restaurant du soir, le Calao, une bonne adresse que je vous partage dans ma rubrique dédiée aux restaurants et aux cafés testés à Luang Prabang. Le lendemain, en plus de traîner dans les cafés et restaurants, on s’est concentré sur les visites essentielles, donc moins de photos sur l’allure générale de la ville.

 

Les incontournables à visiter à Luang Prabang

C’est principalement lors de notre deuxième journée que nous nous sommes concentrés sur les incontournables de Luang Prabang. Pour la plupart, j’ai revisité les lieux que j’avais déjà explorés lors de mon précédent séjour avec mes parents. Toutefois, ayant un peu plus de temps cette fois-ci, nous avons ajouté quelques temples que je n’avais pas encore vus et notamment la visite du musée du Palais royal, que j’avais zappé lors de ma première visite.

Pour contextualiser, ma présence à Luang Prabang était initialement liée au renouvellement de mon visa. Le séjour restant bref et avec la volonté de Jitima de profiter sans se précipiter, notre exploration s’est principalement concentrée sur le vieux centre. Pas besoin donc de louer un scooter : nous avons tout fait à pied, la plupart des sites étant situés à moins d’un kilomètre de notre guesthouse. Deux jours à Luang Prabang ne sont guère suffisants mais permettent de s’imprégner et profiter un minimum.

Exploration des temples : Vat Xieng Thong et autres découvertes

Vat Xieng Thong

Le lendemain matin, c’est tout naturellement qu’on démarrait nos visites par le Vat Xieng Thong, situé juste à côté de notre guesthouse (Villa Mira Heritage). Le temple est situé au bout de la péninsule formée par la boucle de la rivière Nam Khan d’un côté, et le Mékong de l’autre. Le Vat Xieng Thong, dont le nom se traduit par « temple de la ville d’Or », est l’un des temples les plus importants du Laos.

Petit rappel : je l’écris Vat et non Wat car il est marqué comme ça sur Google Maps, mais pour avoir déjà évoqué le sujet, Wat est normalement la version Thaï quand au Laos la prononciation se rapproche plus de « Vat », tout simplement).

C’est un temple bouddhiste important, fondé en 1560 par le roi Setthathirat, afin d’honorer le fondateur de la cité, le roi Chanthaphanith. De par son emplacement, jouxtant le Mékong, ce Wat servait souvent de porte d’entrée à la ville.

Les rois du Laos utilisaient ce site pour leur couronnement et était également le centre de nombreux festivals annuels honorant Bouddha et divers esprits populaires. De ce fait, il était sous patronage de la famille royale jusqu’en 1975, date à laquelle la République démocratique populaire lao (LPDR) a été créée, terminant ainsi la monarchie dans le pays.

Le temple déborde d’ornements, dorures et peintures murales de toute beauté et on comprend aisément pourquoi il est populaire. L’un d’eux est un pavillon à la façade décorée de magnifique dorure, appelé Royal Carriage House. Il abrite un char funéraire utilisé pour les anciens rois du Laos.

S’il se marie très bien à l’ensemble de bâtiments composant le temple, il s’avère pourtant moderne, car il fait partie des ajouts effectués lors des rénovations importantes des années 50-60. D’autres rénovations seront par la suite réalisées plus récemment dans les années 2012-2013, impliquant de nettoyer soigneusement les bâtiments, de repeindre les pochoirs dorés, restaurer les carrelages, les portes et fenêtres endommagées et repeindre les murs.

La bibliothèque sacrée, appelée Tripitaka, est reconnaissable à ses murs recouverts de mosaïques colorés, très photogénique. Cette structure a été rajoutée au XIXe siècle (certains sites évoquent 1828 quand d’autres donnent la date de 1880).

Toujours en activité, le Vat Xieng Thong a bénéficié de son aura qui lui a fait échapper au pillage et à la destruction par les rebelles chinois de Taiping (les fameux « pavillons noirs », mentionnés plus haut). En effet, lorsque des pillages de Luang Prabang en 1887, le Vat Xieng Thong fut l’un des seuls temples épargnés, car leur chef y avait été bonze dans sa jeunesse.

Horaires d’ouverture : 8h00 – 18h00

Tarif d’entrée : 20 000 kips (2,5 $)

Wat Mai Suwannaphumaham

Aussi simplement appelé Wat Mai, traduisible par « Nouveau monastère », ce temple était le seul autre site que nous avons visité formellement avec Jitima. Pour situer un peu nos visites, nous nous y sommes rendus après avoir visité l’ancien palais royal voisin. Son emplacement privilégié à côté de ce musée, mais également le long de la rue du marché de nuit, en fait l’un des sites les plus fréquentés de Luang Prabang.

Initialement, il s’agissait d’un temple de taille modeste, construit à la fin du XVIIe siècle sous le règne du roi Anourout. Il a été agrandi et rénové vers 1821, sous le règne du roi Manthatourat, qui lui a attribué son nom actuel. C’est surtout Jitima qui souhaitait explorer ce temple.

Pour ma part, je n’avais pas d’attentes particulières, mais j’ai été particulièrement impressionné par la magnifique façade du hall principal, ornée de bas-reliefs dorés (même s’ils datent des rénovations des années 60).

À l’intérieur, outre la délicate image de Bouddha dorée trônant au centre, les parois du temple sont également remarquables. La partie supérieure est ornée d’un nombre impressionnant de petites sculptures de Bouddhas. En rédigeant cet article, j’ai découvert que ce temple a une grande importance historique, car il a longtemps abrité le célèbre Bouddha Phra Bang.

Horaires d’ouverture : 8h00 – 18h00

Tarif d’entrée : 10 000 kips (1,3 $)

Wat Hosian Voravihane

Un vestige de la première version de cet article puisqu’il s’agit d’un temple dans lequel on allait faire un tour avec mes parents lors du premier séjour. Le Wat Hosian Voravihane est situé au sud du mont Phousi, légèrement à l’écart du centre historique donc moins visité.

Si je suis sincère, il n’a rien d’exceptionnel comparé aux autres vieux temples qu’on peut croiser même si, étant fondé en 1705, cela en fait l’un des plus anciens. Mais sa particularité réside dans le fait d’y croiser beaucoup de jeunes moines, car le temple abrite une école bouddhiste assez réputée.

Horaires d’ouverture : 8h00 – 18h00

Tarif d’entrée : gratuit

Autres temples notables

Si jamais vous appréciez les visites de temples, je vous indique quelques autres temples où vous pourrez jeter un œil à Luang Prabang.

– Déjà mentionné dans cet article, car on y passait chaque jour devant, vous avez le Wat Sensoukharam et son Bouddha debout visible depuis la rue, situé non loin du Vat Xieng Thong.

– Derrière le mont Phousi se trouve non loin le Wat Wisunarat, un temple construit au XVIe siècle (mais reconstruit plus récemment à la fin du XIXe), qui se démarque par son stupa à la forme atypique. Sa base est carrée, mais son dôme possède une forme arrondie lui valant le surnom de stupa pastèque ! (That Makmo en lao).

– Le Wat Xieng Mene est un temple fondé à la fin du XIXe, mais plus que le temple lui-même, c’est son emplacement qui peut se révéler intéressant, car ce dernier se trouve dans le village de Ban Xieng Mene, situé en face de Luang Prabang, de l’autre côté du Mékong. L’occasion de prendre un petit ferry local pour se retrouver facilement en dehors de la ville.

Wat Xieng Mouane luang prabang

Wat Xieng Mouane.

La cérémonie d’offrande aux moines (Tak Bat)

On en arrive au sujet polémique. Lors de mon premier séjour, j’avais négligé la cérémonie d’offrande matinale aux moines, appelée Tak Bat. Ce n’est qu’en l’expérimentant cette fois-ci que j’ai réalisé à quel point elle a perdu de son authenticité et regrette de ne pas l’avoir faite il y a 8 ans.

Initialement, cette cérémonie consiste pour les habitants à offrir l’aumône aux moines qui circulent dans les rues tôt le matin. Ce geste vise à fournir aux moines la nourriture et les produits essentiels à leur quotidien au temple. Une pratique courante que l’on retrouve chaque jour en Thaïlande, au Cambodge et en Birmanie.

Cependant, à Luang Prabang, ce moment spirituel et solennel s’est transformé en une véritable machine à fric, une réalité que j’ai trouvée assez désolante. En plus, on s’est gentiment fait arnaquer… Jitima, étant présente, souhaitait s’impliquer activement plutôt qu’observer passivement pour prendre des photos, comme le font beaucoup de touristes par défaut.

En arrivant sur place, à hauteur du Wat Sensoukharam, il faisait encore nuit noire. Nous avons remarqué l’alignement de chaises en plastique le long de la rue, posées sur des nattes colorées. Une dame nous a approchés pour nous vendre des paniers en osier remplis de riz gluant.

Jitima en a pris un pour elle et un autre pour moi. En plus du riz gluant, notre set comprenait un panier de biscuits sucrés dont nous avions l’impression de gaver les moines avec, pas spécialement sains pour eux… Le vrai souci résidait dans le tarif exorbitant : 200 bahts par personne.

Plus tard, j’ai vu sur un panneau les tarifs officiels, où un pack de riz gluant (2 kg tout de même !) coûtait moins de 100 bahts. Non seulement nous avons payé le double, mais en plus, sans vraiment nous consulter, ou du moins sans nous prévenir qu’il fallait repayer, elle nous a resservi un set. Au final, nous avons déboursé 2×400 bahts, soit 800 bahts (plus de 20 € !).

panneau indicatif tarif offrandes tak bat luang prabang

Les tarifs officiels.

moines ceremonie tak bat luang prabang

Quand la foule commence à arriver.

moines marchant ceremonie tak bat luang prabangjeunes moines ceremonie tak bat luang prabang

foule ceremonie tak bat luang prabang

Quand on arrive à l’heure de pointe, y’a plus de monde à regarder et faire des photos qu’à participer activement…

ceremonie offrande moines luang prabang

Les retardataires sont plus tranquilles, à ce moment de la photo, la foule est déjà partie.

Jitima a positivé en disant que cet argent pourrait au moins permettre à une famille de vivre correctement… Bien que la cérémonie ait un certain charme photogénique, elle a perdu toute son authenticité. Paradoxalement, la plupart des personnes offrant aux moines (dont beaucoup sont des jeunes) étaient des touristes.

Les locaux, eux, attendaient la fin et étaient peu nombreux à participer. Les moines collectant les offrandes ne récitaient pas les sutras, comme c’est habituellement le cas. De nombreux avis sur Google Maps reflètent cette déception : « catastrophe pour la religion », « cérémonie commercialisée », « trop de touristes » sont parmi les commentaires les plus fréquents, et cela se comprend.

Connaissant les dérives de cette cérémonie avant d’y assister, le constat en direct reste tout de même déconcertant. De cette expérience, j’en retire un avantage : en se levant tôt, on peut profiter d’une ambiance matinale agréable et du lever de soleil, car les rues se vident rapidement après la fin de la cérémonie.