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Kanchanaburi est une région qui attire toujours autant. C’est une vaste province montagneuse, offrant de superbes paysages, cascades, grottes et bien entendu, des temples uniques, le tout à seulement moins de trois heures de Bangkok. Kanchanaburi est aussi tristement célèbre pour avoir été le théâtre d’événements terribles qui s’y déroulèrent pendant la Seconde Guerre mondiale, avec la construction de la ligne Siam-Birmanie, aujourd’hui devenue l’une des attractions majeures de Kanchanaburi.

Et dans cet article, je vous propose justement de voir ensemble quelles sont les visites à faire pour s’imprégner de l’histoire de Kanchanaburi, en remontant le fil du chemin de fer de la mort, Death Railway. Une manière de compléter mon article sur les 6 incontournables de Kanchanaburi, où j’évoquais alors la possibilité d’arpenter la voie ferrée.

Brève histoire du chemin de fer de la mort

Le pont de rivière Kwaï est ce qui a fait la célébrité de Kanchanaburi, devenu indissociable du film éponyme “Le pont de la rivière Kwaï”, de David Lean (1957), lui-même tiré du roman de l’écrivain français, Pierre Boulle, qui avait séjourné en Indochine et visité Kanchanaburi.

Si le film est une manière romancé de raconter l’histoire de ces prisonniers de guerre, elle a permis de mettre en lumière la cruauté de mise lors du chantier impliquant la construction de cette ligne de chemin de fer. Le terme “Death Railway”, chemin de fer de la mort, étant une référence évidente au grand nombre de personnes ayant perdu la vie lors de la construction de ce projet titanesque.

Remettons en tête le contexte. Le conflit mondial fait rage et les Japonais sont alors en guerre contre les alliés, ce qui inclut la Grande-Bretagne, puissance étrangère présente en Asie du Sud-est par le biais de ses colonies, a.k.a, Birmanie et Malaisie. Le Japon, s’invitant un peu par la force en Thaïlande, cherche à amener rapidement des troupes et munitions à la frontière entre la Thaïlande et la Birmanie pour faire pression sur la Grande-Bretagne.

Les ingénieurs proposent alors de faire bifurquer une ligne de train partant de Bangkok, depuis la localité de Ban Pong. L’idée folle est alors de passer à travers les montagnes et la jungle jusqu’à Thanbyuzayat côté Birmanie, où se trouve déjà une ligne de train ralliant Moulmein. Un projet de 414 km qui coûtera la vie à plus de 100 000 forçats.

carte chemin fer mort death railway kanchanaburi

La ligne de chemin de la mort.

Le rythme de travail était tellement intense que la construction, qui débuta en juin 1942, se termina en un temps record. Alors que les ingénieurs japonais prévoyaient initialement un chantier de 3 ans, la ligne est pourtant mise en service dès octobre 1943, moins d’un an et demi après le début des travaux. C’est notamment dû à la pression par l’avancée des alliés dans le théâtre de la guerre du Pacifique. Les journées sont rallongées, les prisonniers travaillant jusqu’à 18 h par jour sans repos sur les derniers mois.

Les conditions de chaleur étouffante amenèrent un grand nombre de ces forçats à mourir de maladies, sans compter le manque de nourriture et de traitement contre les infections, affaiblissant cette main d’œuvre facilement achevée sur place par les Japonais si ces derniers ralentissent le rythme. Le bilan est lourd. Facile alors de deviner l’origine du surnom de cette voie ferrée cauchemardesque.

Si l’on détaille un peu les chiffres, selon les documents, il est estimé qu’entre 180 000 et 250 000 autochtones civils ont participé à ces travaux forcés. La plupart étaient des Tamouls venant de Malaisie et des Birmans, provenant des zones contrôlés par les Japonais. On comptait aussi des Javanais ou encore des Chinois, notamment en provenance de Singapour. Plus rares étaient les Thaïs à y participer du fait d’un accord de non-agression entre le gouvernement Thaïlandais de l’époque et l’empire Japonais, une manière de garder la face car le pays était bel et bien occupé. Sur ce nombre, on estime à 90 000 morts, soit presque une personne sur deux qui n’a pas survécu.

cimetière prisonnier guerre kanchanaburi

Les tombes à l’un des cimetières militaire de Kanchanaburi, témoignant du carnage de cette dure époque.

Côté prisonniers de guerre, on estime leur nombre à un peu plus de 60 000. Les trois-quarts étaient des prisonniers capturé sur les colonies des puissances européennes en Asie,  des Anglais du Raj britannique, et des Néerlandais de la compagnies des Indes orientales néerlandaises. On comptait aussi 3 000 Australiens et près d’un millier d’Américains et Canadiens. Selon les estimations, on parle de 13 000 à 16 000 morts concernant ces prisonniers soit un taux de mortalité de 20 %.

Si l’on fait le ratio, ce sont 260 personnes qui ont sacrifié leur vie pour chaque kilomètre construit.

Le paradoxe de toute cette histoire, c’est que tout ça n’a servi à presque rien… Vite informés, les alliés ont évidemment bombardé la ligne, de plus, les prisonniers de guerre avait volontairement fait des malfaçons sur la ligne pour éviter une utilisation optimale (en mettant à proximité des structures en bois des termitières par exemple). Ces derniers ont toutefois pu transporter pour 500 000 tonnes de frets avant que la ligne tombe sous la main des alliés. La fin de la guerre intervient à peine 2 ans plus tard, sonnant le glas des ambitions japonaises.

Les autorités Thaïlandaises voyant d’un mauvais œil cette connexion vers leur voisin, craignant notamment une utilisation par des groupes armés communistes, ferment la ligne dès 1947 dont une bonne partie des rails sont tout simplement démontés.

Il faudra attendre 1958 pour qu’une portion de la ligne rouvre, entre Bangkok et Nam Tok (130 km).

Le pont de la rivière Kwaï et le musée de la guerre JEATH

Et on en revient à notre fameux pont, construit sur le tracé de la ligne, au niveau de la ville de Kanchanaburi. Le film se concentre sur l’épisode de la construction de cet édifice, comptant parmi les nombreux autres ponts et viaducs qui auront été nécessaires pour serpenter dans les montagnes. La construction ayant démarré des deux côtés, la jonction s’est faites à 40 km du col des trois pagodes, en s’enfonçant côté Thaïlande. Le col des trois pagodes étant ce qui marque la frontière entre la Thaïlande et la Birmanie.

Pour la petite histoire, le roman de Pierre Boulle est basé sur ses souvenirs de la visite des lieux. Hors, ce dernier visualisait le pont sur la rivière Kwaï, qui est en réalité un affluent, avec la véritable rivière Kwaï, formant la rivière Mae Klong, dont le point de confluence étant à 4 km du pont.

À l’époque, le rivière sous le pont n’a pas vraiment de nom, mais suite au succès du film, mettant en lumière cette petite bourgade du fin fond de la Thaïlande, elle fût renommé rivière “Kwaï Yai”, la grande rivière Kwaï, qui peut aussi se traduire par “grand affluent” puisque Kwaï veut justement simplement dire affluent en Thaï.

passage train sur pont riviere kwai kanchanaburi

Le pont vue depuis la rivière Kwai Yai.

Du coup, la rivière “originale”, fut rebaptisée en Kwaï Noï (la petite rivière Kwaï) pour éviter la confusion. Par ailleurs, puisque je suis sur ce sujet en particulier, en Thaïlandais, on trouve la retranscription latine en Kwae, qui est plus proche de sa vraie prononciation. En effet, en francisant le terme, c’est devenu “kouaille”, alors que l’on prononce kwé. Une différence de prononciation d’autant pas anodine que Kwaï prononcé à la Française peut être interprété par buffle, qui est aussi une insulte en Thaï…

Autre point à préciser par rapport au film, ce dernier dépeint une construction en bois, quand le pont que vous visitez aujourd’hui est fait en béton et métal. La raison étant qu’il y a eu à cet emplacement deux ponts à l’origine. L’un était provisoire et bel et bien en bois, construit en parallèle de l’actuel pont qu’on peut fouler et terminé quelques mois plus tôt en février 1943.

En revanche, ce n’est pas dynamité par les prisonniers comme dans le film. Le pont a été bombardé par les alliés, le coupant en deux au milieu. C’est pour cette raison que les traverses du milieu du pont sont différentes aujourd’hui ! Si vous êtes attentif, celles du milieu ont une forme rectangulaire quand les autres, d’origines, sont de forme arrondies. Celle du milieu ayant été bombardé, elles ont été par la suite reconstruite, financé par ailleurs par le Japon lui même.

D’ailleurs, le pont en bois se situait au niveau du musée JEATH War Museum, situé à deux pas du pont. On peut y voir quelques poutres restant au pied du musée.

death railway-deux ponts riviere kwai kanchanaburi 1943

Les deux ponts, juste après le bombardement de la partie centrale de l’actuel édifice que vous pouvez fouler.

Ce musée est ouvert en 1977, à l’initiative d’un abbé d’un temple situé à quelques kilomètres en aval, le Wat Chai Chumphon Chana Songkhram. JEATH est un acronyme qui représente les principales nationalités impliquées dans la construction du chemin de fer : Japanese, English, Australian, Thai and Holland.

Le musée se divise en deux sections. La section la plus intéressante est celle reproduisant les cahutes sous lesquelles les prisonniers étaient entassés dans les camps répartis le long de la construction de la ligne. Vous aurez alors une série photo permettant de mieux se rendre compte des conditions de l’époque.

Le reste est malheureusement confus. On y trouve une vieille locomotive à l’entrée, quelques véhicules d’époques, une collection d’armes, casques et objets retrouvés le long de la construction, mais ça manque d’explication claire et traduite. Et le tout prend un peu la poussière, dans un décor incompréhensible, mélangeant des bâtiments religieux et du bric et du broc hors époque concerné. C’est dommage, car il y a du potentiel pour faire un musée intéressant et il y a une belle vue sur le pont depuis ses terrasses. Un musée ayant meilleure presse est le Thailand–Burma Railway Centre, situé à côté du cimetière de guerre, non loin de la gare de Kanchanaburi.

Le pont est aujourd’hui entouré de cafés et restaurants, boutiques de souvenirs et bijouteries, la région de Kanchanaburi étant aussi réputé pour ses mines de pierres précieuses. Tout cela contraste avec le passé sombre des lieux. C’est devenu une attraction aussi apprécié des Thaïs, car on peut y manger du bon poisson sur l’un des nombreux restaurants flottant de la ville. Le cadre est joli et on peut l’apprécier autant au-dessus, en marchant sur le pont, qu’en dessous, en empruntant l’un des bateaux qui se fera un plaisir de vous emmener en balade sur la rivière (comptez 800 bahts pour se faire).

En traversant le pont, vous pourrez tranquillement faire des photos depuis les plateformes, aménagés là pour permettre aux gens de se pousser lors du passage du train. Si vous regardez les rails, vous verrez ceux du milieu, à l’écartement plus étroit qui étaient ceux d’origines tandis que le train circulant aujourd’hui a besoin d’un écartement plus adéquat.

De l’autre côté du pont, vous pourrez jeter un œil au temple chinois, construit sur les berges de la rivière, alors que se trouve derrière la tombe d’un soldat chinois (où flotte aujourd’hui un drapeau taïwanais à ses côtés).

temple chinois pont riviere kwai kanchanaburidevant temple chinois pont riviere kwai kanchanaburi

tombe soldat chinois pont riviere kwai kanchanaburi

Tombe du soldat Chinois.

Je rajouterais enfin, que chaque année pendant deux semaines, fin novembre – début décembre, le pont est à l’honneur avec le festival du pont de la rivière Kwaï. Il y a alors chaque soir un spectacle son et lumière mettant en scène l’histoire du chemin de fer et du pont et se conclut par un petit feu d’artifice et une vieille locomotive (au boucan d’enfer) qui passe sur le pont. J’avais eu la chance de me trouver dans la région à ce moment-là et d’y assister. Les places peuvent se prendre sur place, il y a 3 catégories selon l’emplacement des gradins, dans mon cas, au milieu, c’était 800 bahts la place il me semble.

Pour 2020, le festival devrait avoir lieu du 28 novembre eu 7 décembre (sujet à confirmation du fait du covid 19)

spectacle festival pont riviere kwai kanchanaburi

La scène du spectacle pendant le festival du pont de la rivière Kwai.

Pont de la rivière Kwaï

Tarif d’entrée : accès libre

Horaires d’ouverture : en tant que tel, 24h/24

Musée de la guerre JEATH

Tarif d’entrée : 30 ฿

Horaires d’ouverture : 08h00 – 18h (tous les jours)

Station : River Kwai Bridge

Wat Tham Khao Pun

Poursuivons le voyage, à peine quelques kilomètres après le pont. Situé à deux pas de la ligne, vous avez le Wat Tham Khao Pun. Tham signifiant grotte, c’est effectivement l’une des particularités du site.

L’accès n’est pas gratuit, mais voyez ça comme une donation pour le fonctionnement du temple. La visite se fait sous la forme d’un parcours, vous entrez par un point et en ressortez par un autre, sachant que la grotte s’étale sur environ 200 mètres. Ce genre de cavité était typiquement autrefois utilisé par les moines pour y pratiquer la méditation dans un espace propice au calme.

En entrant dans la première salle de la grotte, vous y verrez une série de statues de Bouddha dont la principale est couchée. Pour la suite, suivez les flèches rouges indiquées sur les parois. Il ne faudra pas être claustrophobe, car le chemin devient plus étroit, mais varie aussi en hauteur passé quelques mètres.

Vous vous enfoncez alors dans cette petite montagne bordant la rivière Kwaï (la vraie) et passerez plusieurs pièces, chacune ayant leur particularité. On peut citer celle au rocher en forme de crocodile ou une autre, qui offre un puits de lumière vers le ciel, permettant aux racines d’un figuier pleureur de descendre jusque dans la cavité.

En ressortant, vous aurez une petite hutte avec des photos relatant la construction de la ligne de chemin de fer. Je ne perds pas le fil de cet article. De plus, comme je l’évoquais, la ligne passe juste en contre-bas du temple. Vous aurez une belle vue sur la rivière et la montagne en face en vous rendant à la terrasse du The curve @ Kanchanaburi, un café sympa surplombant la ligne. Vous vous attendez le train, vous le verrez débouler derrière une paroi rocheuse creusée dans la colline, semblable à celle du Hellfire Pass (voir plus bas).

Ma petite touche secrète ? Allez au chedi en construction sur une petite butte adjacente au temple. La vue est magnifique.

point de vue wat tham khao pun kanchanaburi

Tarif d’entrée : 30 ฿

Horaires d’ouverture : 08h00 – 18h (tous les jours)

Station : Khao Pun

Prasat Muang Sing, des ruines khmers occidentales

Quittons un instant l’époque de la Seconde Guerre mondiale et remontons loin en arrière, à une époque où le royaume de Sukhothaï, premier royaume Thaï, n’existait même pas… Nous sommes à la fin du XIIe siècle et le royaume d’Angkor, autrefois puissant, est en train de s’effondrer. Pourtant, le roi Jayavarman VII cherche à consolider ses frontières. Prasat Muang Sing voit ainsi le jour et sort de terre, à 45 km à l’ouest de Kanchanaburi. C’est le temple khmer le plus à l’ouest connu à ce jour.

Muang Sing se traduit par la cité du lion, probablement dû à des statues placées à l’entrée de la ville qui lui donnait ce nom. La cité était entourée par un mur en bloc de latérite, toujours présent aujourd’hui. C’était une petite ville frontalière, servant probablement de garnison pour prévenir des invasions du voisin Birman (le royaume de Pagan).

prasat muang sing kanchanaburi

Son sanctuaire principal, qui se visite aujourd’hui, est construit dans le style dit de “Bayon” en référence au temple d’Angkor datant de la même époque. Il était dédié comme souvent à cette époque, au dieu hindou Shiva. La surface du sanctuaire représente 1/10e de la petite cité, c’est dire son importance.

Il est bien conservé et se compose d’une galerie entourant ce qui reste de la tour centrale, pièce qui contenait la statue d’Avalokiteshvara (bodhisattva de la compassion). Si vous y verrez bien une statue de nos jours, il s’agit là d’une copie, l’originale étant exposée au musée national de Bangkok. À chaque point cardinaux, se dresse des gopuras, portes servant d’entrées au sanctuaire. Devant l’entrée Est, se trouve l’allée avec terrasse, qui fait face à l’entrée au site de Muang Sing.

Des autres structures, il ne reste que les fondations, notamment celle d’un bâtiment secondaire à côté du sanctuaire principal. Le tout repose dans un environnement boisé, vert et bien entretenu.

Si vous êtes curieux et vous rendez au Sud du site, vous arrivez au bord de la rivière Kwaï, où se trouve un ancien site funéraire. Ce dernier atteste de la présence humaine dans la région dès le néolithique (il y a 5 000 ans). On en trouve plusieurs dans la région dont plusieurs objets tels que des pots en terre cuite, des haches, des outils en pierre et d’autres objets vieux de plusieurs milliers d’années découverts sont exposés sur un autre site funéraire, à Ban Kao.

Tarif d’entrée : 100 ฿

Horaires d’ouverture : 08h00 – 17h (dernière admission 16h30)

Station : Tha Kilen

Viaduc de Wang Pho et Tham Kra Sae

Le viaduc de Wang Pho, aussi orthographié en simplifié Wampo, est l’un des nombreux ponts qui jalonnait autrefois le parcours de la ligne Siam Burma. Il s’agit d’un pont entièrement en bois, accolé à la falaise qui jouxte la rivière Kwaï passant à ses pieds.

Autant dire que tout ça est très photogénique et représente le clou du spectacle si vous empruntez le train entre Kanchanaburi et Nam Tok, le terminus de cette ligne. Si vous y passez à pied, vous aurez plus de temps pour profiter des lieux et pourrez justement jeter un oeil à la grotte de Krasae (Tham signifiant grotte pour rappel).

sur viaduc wang pho tham krasae kanchanaburi

Sur le viaduc de Wang Pho.

viaduc wang pho kanchanaburi

train arrivant au viaduc wang pho kanchanaburi

Le train arrivant sur le viaduc de Wang Pho.


vue riviere kwai depuis viaduc wang pho kanchanaburi

La vue depuis le viaduc de Wang Pho.

La grotte de Krasae ou “Tham Krasae” est une grotte naturelle niché dans la falaise attenant au viaduc. À l’intérieur se trouve une grande image de Bouddha assis. Pendant la Seconde Guerre mondiale, cette grotte a été utilisée pour stocker des matériaux pour la construction du chemin de fer de la mort. Elle pouvait aussi servir d’abri en cas de bombardement. La grotte est située proche de la gare de Tham Krasae.

Si vous arrivez côté Tham Krasae, vous passerez une zone avec cafés, restaurants et des boutiques souvenirs, beaucoup vendant des habits teintés indigo. Il est aussi possible d’arriver et visiter depuis l’autre côté du viaduc, à proximité de l’hôtel Suansaiyok Resort.

On peut alors marcher sur la voie ferrée sur les 500 m traversant le viaduc de Krasae, en étant à environ 10 mètres au-dessus du sol surplombant la rivière Kwaï. Belle expérience, mais soyez prudent, il n’y a non seulement pas de barrière, mais je vous rappel que le train y passe toujours !

gare de tham krasae kanchanaburi

La gare de Tham Krasae.

a cote de tham krasae kanchanaburi

grotte tham krasae kanchanaburi

La grotte de Tham Krasae.

tham krasae kanchanaburi

vue chemin de fer depuis tham krasae kanchanaburi

Le chemin de fer vu depuis la grotte de Krasae.


magasins souvenirs tham krasae kanchanaburi

Les boutiques souvenirs.


chemin fer de la mort tham krasae kanchanaburi

L’autre côté du viaduc (on voit bien que c’est pas pris le même jour, désolé pour la qualité aussi…)

Sachant que ce dernier ralenti bien évidemment en passant la zone et que vous avez un espace pour vous pousser entre deux parties du viaduc. Vérifiez les horaires, que je vous donne ci-après. La gare de Tham Krasae étant juste avant celle de Wang Pho, à ne pas confondre avec le nom du viaduc, et après celle de Lum Sum. Les horaires sont à titre indicatif, si vous voulez voir le train passer, prévoyez une marge de 15 min avant au moins. Je donne les horaires uniquement dans le sens Kanchanaburi vers Nam Tok, car c’est visuellement plus intéressant.

Tarif d’entrée : accès libre

Horaires d’ouverture : 06h00 – 18h (accès permanent en tant que tel)

Station : Tham Krasae

Cascade de Sai Yok Noi

Sai Yok Noi peut se traduire par la petite Sai Yok, par opposition avec Sai Yok Yai, la grande Sai Yok, qui fait partie du parc national de Sai Yok. En fait, la cascade de Sak Yoi Noi, bien que distante de 36 km de sa “grande” sœur, est aussi sous la responsabilité du parc national de Sai Yok.

C’est une cascade bien connue des locaux puisqu’elle est directement accessible depuis le bas-côté de la route. C’est un lieu prisé les chaudes journées d’été (ici en avril, mai) et les week-ends pour pique-niquer et se rafraîchir. La cascade en elle-même coule le long d’une falaise de calcaire sur une hauteur de 15 m. L’aspect de la falaise donne l’impression d’un écroulement, ce qui lui a valu comme nom d’origine “cascade de Khao Phang”.

cascade de sai yok noi kanchanaburi

La cascade de Sai Yok Noi, un jour fréquenté.

Bien que les aménagements modernes laissent une impression de “fausseté”, avec ces retenus implémentés pour permettre d’avoir des bassins propices à la baignade, la cascade est assurément naturelle. Il est d’ailleurs possible de remonter la falaise et suivre le cour d’eau jusqu’à sa source. Cela fait faire une petite balade passant à côté de champs de maïs, jusqu’au pied d’une grotte, d’où jaillit le ruisseau menant à la cascade, quelque 600 mètres plus loin.

Devant la cascade, il y a des magasins et des restaurants, comme souvent en Thaïlande, vous ne mourrez jamais ni de soif et encore moins de faim. Sur le côté, à seulement quelque mètre de la cascade, vous verrez une vieille locomotive à vapeur datant de la Seconde Guerre mondiale. Elle n’a pas été posée là juste pour le fun, mais je rappelle le fil de cet article : le chemin de fer de la mort. Car oui, non seulement la voie ferrée passait à l’origine devant la cascade, mais le week-end, c’est même là, à la petite gare juste derrière la loco, que se rend le train touristique que vous aurez alors peut être croisé. C’est le véritable terminus de la ligne, au-delà, il n’y a plus de rails. Et autrement, en semaine, le train s’arrête bien à Nam Tok (qui veut dire cascade), la gare précédente, située à environ 2 km de la chute.

Tarif d’entrée : accès libre

Horaires d’ouverture : 06h00 – 18h (accès permanent en tant que tel)

Station : Nam Tok

Hellfire Pass Interpretive Centre

Autrefois simplement appelé musée du Hellfire Pass, ce dernier est géré par le gouvernement australien dans un devoir de mémoire, et, de ce fait, reste gratuit. Il vient par ailleurs de subir un important lifting, d’où le changement de nom, avec ajout d’un grand parking.

Aussi appelé Konyu Cutting par les Japonais, ou Chong Khao Khat par les locaux, le “Hellfire Pass”, qu’on peut traduire par le passage infernal, est un surnom qui a été donné par les prisonniers. Ces derniers devaient creuser la roche jusque très tard la nuit, éclairée par des lampes à pétrole. Lorsque les flammes reflétaient l’ombre sur les parois, cela donnait un effet de figures d’autant plus fantomatique que les corps étaient décharnés, faute de nourriture suffisante, et qu’il faut ajouter au visuel le son, mélange de coup de pioche, de cris et d’explosifs, tout cela donnait une ambiance digne des flammes de l’enfer.

hellfire pass museum avant renovation kanchanaburi

Le devant du musée (avant rénovation). Crédit photo Franklin Heijnen (FlickR)

Le Hellfire Pass Museum a été ouvert le 25 avril 1999 avec la coopération du gouvernement australien pour compiler les informations avant son installation. La visite comporte deux parties. Celle dans le bâtiment, climatisé et moderne, comprenant des tableaux explicatifs, objets trouvés et utilisés par les prisonniers, reproduction des structures du chemin de fer et le parcours du train à travers la jungle. Le tout permet de comprendre effectivement l’enfer qu’était cette construction, dans des conditions plus que rudimentaire. Certaines scènes marquent. On peut y voir la description de la façon dont les prisonniers étaient punis et les conditions de vie dans les camps. On regarde avec tristesse ces visages maigres qui n’ont que pour seul habit un bout de tissu en guise de pagne. En tout cas, c’était comme ça la dernière fois, je n’ai pas encore revisité les lieux depuis la rénovation. Je mettrais à jour le jour venu.

Ensuite, vous avez la zone extérieure. Qui déjà, à la belle saison, se traduit par une zone de montagne bien verte, où s’entremêle des arbres et des pousses de bambou. Des escaliers vous amènent au niveau de là où passait autrefois la ligne. C’est mis en évidence par la présence de gravier, rappelant ceux qui soutiennent normalement les traverses des rails et le fait que tout est dégagé. Il y a deux itinéraires possibles.

descente vers konyu cutting hellfire pass kanchanaburi

La descente en “enfer”.

Option courte

Depuis le bâtiment du musée, vous pouvez faire une boucle simple, en parcourant environ 500 m le long de l’ancienne ligne jusqu’au passage en question. Vous y verrez un arbre, poussant bien droit au milieu de ce tronçon de l’enfer. En observant les parois, vous pouvez voir les perçages qui ont servi à mettre des bâtons de dynamites. Des drapeaux et quelques photos de prisonniers y sont aussi apposés par les familles des disparus.

Vous pouvez ensuite jeter un œil au wagonnet resté là en contre-haut, qui servait à déverser les gravats en bas de la colline. Ensuite, il vous faut remonter par une autre série d’escalier. Vous aurez un point de vue sur le Hellfire Pass et reviendrez au niveau du nouveau parking. Un parcours d’environ 1 km, mais comme ça grimpe sec, c’est un minimum physique, surtout avec la possible chaleur humide de la forêt vous entourant. Et dites vous que ce n’est rien comparé à ceux qui ont du creuser ce que vous venez de voir.

chemin ancienne voie ferree de la mort kanchanaburi

Le chemin de fer passait par là…


konyu cutting hellfire pass kanchanaburi

Le Hellfire Pass.

vue konyu cutting hellfire pass kanchanaburi

Faire cette boucle peut se faire en une petite heure tranquille, vous avez la possibilité d’avoir des audioguides (y’en a en français), pour mieux comprendre ce qui vous entoure.

Option longue

Juste après le Pass, vous verrez des drapeaux, lever et mis en berne chaque jour. La piste de l’ancienne voie ferrée se poursuit après ce point. En tout, le tronçon a été dégagé sur une longueur de 7 km après Konyu Cutting et vous avez actuellement 4 km ouvert au public. Ce qui permet de rajouter 1h30 à 2h à la balade. Sachant que si vous suivez le chemin, il faut revenir ensuite jusqu’aux drapeaux.

Se faisant, cela permet d’admirer un peu plus le paysage alentours, notamment en se rendant au point de vue sur la vallée de Kwae Noi, à peine 300 m après le Hellfire Pass. En poursuivant plus loin, vous arriverez jusqu’à un autre passage creusé dans la roche, Hintok Cutting. La promenade peut se prolonger jusque derrière l’hôtel Hintok River Camp, niché au bord de la rivière Kwaï.

paysage autour hellfire pass kanchanaburi

Le point de vue sur la vallée Kwai Noi.

Deux événements rythment l’année de ce lieu, et étonnamment, les deux sont plutôt liés à la Première Guerre mondiale plutôt que la Seconde. Tout d’abord, le 11 novembre, jour de l’armistice de la Première Guerre mondiale, il y a un service commémoratif tenu au Hellfire Pass. Quelques mois plus tard, une cérémonie a également lieu chaque 25 avril. Ce jour marque la journée commémorative de l’ANZAC ou ANZAC Day. Il s’agit à la base d’une journée qui commémore la sanglante bataille de Gallipoli entre les Australiens et Néo-Zélandais de l’ANZAC (nom donné au corps d’armée composé des Australiens et des Néo-Zélandais). Par extension, c’est devenu une journée nationale de commémoration en Australie et en Nouvelle-Zélande rendant hommage aux morts des deux guerres.

Au Hellfire Pass, la cérémonie se conclut avec des torches rouges qui sont allumées le long du Hellfire Pass, recréant ainsi une atmosphère qui n’est pas sans rappeler son surnom, infernale.

Tarif d’entrée : 50 ฿

Horaires d’ouverture : 09h00 – 16h (tous les jours sauf lundi et jours fériés)

Empruntez le train sur le chemin de fer de la mort

Pour se faire, il y a deux portions évidentes à distinguer. L’une, entre Bangkok et Kanchanaburi, qui serait à prendre dans un but avant tout pratique, pour vous rendre dans la région. Se faisant, vous pourrez ensuite tranquillement visiter les autres attractions à votre rythme, sur place.

L’autre portion étant entre Kanchanaburi et son terminus, Nam Tok. Ce que beaucoup de gens choisissent, car quitte à prendre le train sur cette voie ferrée, autant le faire en traversant le pont mythique et en admirant le paysage. Cela permet du coup d’avoir un point de vue privilégié sur la rivière en passant le viaduc de Wang Pho.

train gare river kwai bridge kanchanaburi

Le train à la gare du pont de la rivière Kwai.


gare nam tok train kanchanaburi death railway

La gare de Nam Tok, le terminus.


train passant sur viaduc wang pho kanchanaburi

Le point culminant du trajet en train.

Il y a toutefois un inconvénient. Le train est lent. De Kanchanaburi à Nam Tok, il faut compter près de 2h30 de trajet, pour effectuer seulement 60 km… Donc ne pas être pressé, d’autant que du coup, vous n’aurez pas le temps de visiter les autres sites, à moins d’arranger un transport au préalable.

Tarif et horaires du train Bangkok – Kanchanaburi

Tarif du train : 100 ฿

Le tarif est le même dans les deux sens, quel que soit la distance parcourue.

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Lorsque je découvrais la Thailande en 2006, je ne m'attendais certainement pas à y poser mes valises 2 ans plus tard ! Depuis, je suis basé à Bangkok et je voyage régulièrement à travers toute l'Asie. Je partage mes récits, photos, conseils sur la vie d'expatrié en Thailande et sur les pays d'Asie, pour ceux qui veulent découvrir le pays du sourire, qui cherchent un peu d'aventure et ceux qui rêvent d'Asie (ou ceux qui veulent rêver tout court ;-)

Commentaires:

  • 25/08/2020

    Oh la la, je suis officiellement conquise par Kanchanaburi ! J’avais déjà très envie d’y aller, mais tu as fini de me convaincre 🙂 J’ai hâte de pouvoir retourner en Thaïlande !

    répondre...
  • 26/08/2020

    Ton article est extra et complet! Je te lis depuis… Kanchanaburi. On a fait le choix d’être bloqués par la pandémie dans cette petite ville. Cela fait donc pas loins de 6 mois qu’on s’y trouve (et on y avait déjà passé un mois l’an passé). Les attractions à touristes ne sont pas trop notre came, en revanche, la ville est vraiment sympa. Et ça nous permet de découvrir une autre facette de la Thaïlande, autre chose que Chiang Mai par exemple.
    Je te souhaite une bonne journée!

    répondre...

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