Haut
  >  Parc National Thailande   >  Sukhothaï : gravir la montagne du parc national de Ramkhamhaeng

Le parc national de Ramkhamhaeng englobe la montagne qui jouxte le renommé parc historique de Sukhothaï (qui fait parti des incontournables en Thaïlande). Avec un sommet culminant à 1 200 m, la montagne de Khao Luang (nom peu original signifiant « grande montagne ») domine le parc national et la vallée de Sukhothaï.

L’occasion de prendre un bain de verdure après avoir passé une journée pour explorer à vélo les ruines de la vieille cité. Pour l’anecdote, le parc national est nommé d’après le populaire roi Ramkhamhaeng, très respecté en Thaïlande, car à l’initiative de l’écriture thaï, alors que la cité de Sukhothaï et son royaume montait en puissance.

Monter au sommet du parc national de Ramkhamhaeng

Se rendre au parc national, que l’on pourrait prononcer phonétiquement par rame-came-heingue, c’est l’occasion de faire un peu d’exercice au cœur de la nature. Pour gravir les 1 200 m et admirer la vue au sommet du Khao Luang, il vous faudra parcourir les 4 km du chemin aménagé à travers.

Un petit trek assez intense, car outre la chaleur humide propre à la Thaïlande, la pente est parfois rude (jusqu’à 70°). Il faut compter du coup bien 3 à 4 heures pour effectuer cette balade. Pour cette raison, il est nécessaire de démarrer avant 13h30 auquel cas les rangers du parc ne vous laisseront pas monter.

quartier general parc ramkhamhaeng sukhothai

Depuis le quartier général du parc, au pied de la montagne Khao Luang.


carte sentier parc ramkhamhaeng sukhothai

Voilà ce qui vous attend !


depart trek parc ramkhamhaeng sukhothai

Allez, c’est parti !

Durant l’ascension, vous aurez des panneaux à intervalles régulière pour indiquer votre progression. Au passage, je précise qu’au sommet, en plus de la vue, il y a un camping. La plupart des gens qui gravissent la montagne restent alors sur place y passer la nuit et redescende le lendemain.

Et parce que les Thaïlandais ont un côté flemmard malgré le fait de faire ce trek, et au final parce que ça permet d’apporter un peu de sous aux gens du coin, ils font carrément appel à des porteurs pour apporter leurs affaires en haut. Dans mon cas, je n’avais pas d’affaires puisque je montais, faisais quelques photos et redescendais aussitôt !

panneau ascension parc ramkhamhaeng sukhothai

Encore 3 km et 600 m au moins…


panneau indication parc ramkhamhaeng sukhothai

Des panneaux indiquant des choses à voir.


porteur en pause parc ramkhamhaeng sukhothai

Un porteur en pause.

Les point d’intérêts dans la montée

Durant ces 3-4 heures, vous aurez de quoi faire quelques pauses tout en ayant quelque chose à voir. Cela découpe le parcours avec à chaque fois un « but » à atteindre.

Le premier point de vue

Après avoir parcouru la moitié du trajet, vous serez récompensé par un premier point de vue. Une zone de forêt a été dégagée avec des rangées de sièges en bambou permettant de se poser un instant tout en admirant la vallée se dévoilant sous vos yeux.

L’occasion de s’hydrater un coup, se remotiver et repartir de bon pied. Il faut savoir que si le chemin est facile à suivre (dans le sens difficile de se perdre), il est comme je le disais assez pentu par endroit, et mélange des zones rocailleuses et d’autres mêlant terre et racines. C’est donc pas de tout repos et en dehors de cet arrêt point de vue, il y a aussi de temps en temps des espaces aménagé avec un banc pour se reposer un coup.

randonnee parc ramkhamhaeng sukhothai

Au début de la randonnée.


sentier parc ramkhamhaeng sukhothai

Ça grimpe sec !


premier point de vue parc ramkhamhaeng sukhothai

Au premier stop et son point de vue partiel.


pause point de vue parc ramkhamhaeng sukhothai

On n’était pas tout seul à ce moment-là, mais toute la montée se faisaient quasiment seul, chacun ayant son rythme.

Entouré par la nature

L’intérêt même de cette randonnée, c’est d’être entouré par la nature. Et ce qui est bien, c’est qu’on traverse des zones différentes. Au début, on suit un petit cour d’eau, dans une forêt plutôt épaisse et de grands arbres, en montant, la végétation change.

On y croise des petits lézards, pas vu de serpents et ne vous attendez pas à voir de singes, mais il y a tout de même une faune locale présente. Certaines zones sont des forêts de bambou, et arrivés vers le sommet, on voit apparaître des gros rochers, parfois entouré de racines de vieux arbres bien ancrés sur les pentes de la montagne.

Le superbe figuier des banians, l’arbre sacré

Le banian est un genre de figuier, il est donc parfois appelé figuier de l’Inde, car c’est de là que cette espèce d’arbre est originaire (ainsi que du Pakistan et du Sri Lanka également). C’est un arbre sacré car dans le Bouddhisme Theravada (celui pratiqué en Thaïlande), c’est sous ce type d’arbre que le 6e Bouddha antique, Kassapa, aurait atteint l’illumination (pour situer, il est considéré comme précédent le Bouddha historique Gautama Siddhartha, le fondateur du Bouddhisme tel qu’on le connaît de nos jours).

Sa particularité est de se développer en arbre géant composé de multiples troncs qui sont autant de racines. En effet, le banyan tree (en anglais) est ce qu’on appelle dans le jargon un épiphyte, c’est-à-dire qu’il peut se servir d’un autre arbre comme support au départ. La graine étant déposée par un oiseau qui aura mangé précédemment une figue d’un autre arbre. Les racines aériennes entourent alors les branches de l’arbre hôte et vont chercher le sol pour s’ancrer solidement et devenir des tiges à part entières. Ce mode de développement fait que le banyan est aussi une espèce de figuiers étrangleurs.

lianes parc ramkhamhaeng sukhothai

De sacrés lianes, peu avant d’arriver au banyan.

Ce qu’il faut voir, c’est surtout le résultat de cette manière de pousser : un amas de branches/racines entremêlées. Les banians peuvent se répandre sur des surfaces énormes atteignant parfois plusieurs centaines de mètres de circonférence. Le plus gros figuier des banians (sobrement appelé « le grand banian »), d’une circonférence de 412 m – se trouve au jardin botanique de Howrah, près de Calcutta en Inde.

Un beau spécimen en Thaïlande étant celui de Phimaï (Sai Ngam, 120 m de long pour 55 m de large), situé non loin de l’important temple khmer Prasat Hin Phimai.

Pour en revenir à notre coco du parc national, ce dernier n’est certes pas très étalé, mais parce qu’il est en pleine nature, dominant la forêt sur son bout de rocher, j’avais été particulièrement impressionné par l’aura qu’il dégageait. Pour l’atteindre, il faudra effectuer les 2/3 du chemin (donc environ 2,5 km).

Et pourquoi « les banians » me direz vous ? C’est un terme désignant les commerçants hindous, le nom de l’arbre ayant donc été attribué en référence à ses marchands, car les banians, avaient pour habitude de s’installer à l’ombre de ces arbres dans le Golfe Persique.

La grotte aux chauve-souris

Probablement le spot le moins intéressant mais il faut partir des points indiqués le long du parcours. Cette dernière est située peu avant le sommet, où vous verrez un panneau indiquant en anglais  » The Bat Cave », un peu en contrebas du chemin principal.

Déjà, si vous comptez jeter un œil, il serait préférable d’avoir une lampe torche, ensuite, ne vous attendez pas à une majestueuse grotte mystérieuse au milieu de la montagne ni au repère de chevalier masqué. Non, en somme, c’est juste une cavité avec des chauves-souris dedans.

emplacement bat cave parc ramkhamhaeng sukhothai

Un panneau indiquant la « grotte ».

bat cave parc ramkhamhaeng sukhothai

Le sommet

On en arrive au sommet. Vous serez soulagé de voir apparaître la zone dégagée où se trouve les tentes, mais aussi une petite « supérette » offrant quelques snacks, et aussi et surtout intéressant dans mon cas, de l’eau !! Dans un souci de monter « léger« , je n’avais ni sac ni « envie » de me trimbaler une bouteille d’eau. Ne suivez évidemment pas cet exemple, ce n’est pas raisonnable. Heureusement que la personne qui m’accompagnait ce jour-là m’avait filé un peu de son eau.

Le temps de reprendre mon souffle 2 min et je poursuivais la balade. Car en fait, le camping n’est pas le sommet en lui-même. Vous verrez en effet plusieurs chemins partant depuis la zone de campement. On peut distinguer trois « sommets ».

avant sommet parc ramkhamhaeng sukhothai

Lorsque vous arriverez là, vous serez presque au bout !


snack camping parc ramkhamhaeng sukhothai

Le snack au niveau du camping.


camping sommet parc ramkhamhaeng sukhothai

« Congratulations » ! Vous êtes au camping, mais pas encore au sommet !

Le véritable sommet, avec le pic à 1 210 m, se trouve en suivant un sentier partant sur la gauche. C’est évidemment un très bon spot puisqu’on peut alors dominer toute la montagne avec vue sur la vallée en contrebas sur 360°. Un sentier annexe permet après 500 m environs de rejoindre un « 2e sommet » pointant à 1 170 m dominant plutôt le sud.

Pour ma part, comme je ne restais pas dormir sur place et devais donc encore prendre le temps de redescendre avant la tombée de la nuit, je m’orientais vers le plus « petit sommet », en prenant le sentier partant à droite après le camp. Je n’avais alors que 400 m supplémentaire à marcher pour atteindre le pic de Na Rai (tandis que le sommet est alors à 2 200 m).

sentiers vers pics parc ramkhamhaeng sukhothai

Les distances vous séparant des différents pics.

Je ne regrette d’autant pas mon choix (que je n’avais pas trop) car avec ces rochers surplombant la vallée, c’est un spot très photogénique. Je n’étais d’ailleurs pas le seul dans les parages, mais c’est pas non plus la cohue donc ne gâche en rien l’expérience, et en plus, c’était un groupe de jeunes plus dans l’admiration que la course au selfie (par les temps qui courent, c’est toujours appréciable). Dommage par contre vu la saison (en février), que la vue était pas mal brumeuse. Entre les brûlis des champs et la chaleur asséchant la forêt, c’est malheureusement de mise à cette période de l’année.

Certaines personnes ont tenu à laisser une trace de leur passage en édifiant des petits « chedis » fait maison ou en accolant une statuette de Bouddha, ou à défaut, laissant quelques pièces de monnaies là. Après une petite demi-heure à profiter de l’endroit, où par ailleurs, on profitait de températures plus agréables qu’en bas, il était déjà temps de revenir sur nos pas.

Horaires d’ouverture : tous les jours de 6h00 à 18h00

Je tiens à préciser que s’il s’agit à priori des horaires officiels pour le parc en général, on est plus sur du 7h00-17h00 en réalité. Et comme évoqué, si vous comptez monter au sommet, les derniers départs seront possible à 13h30 mais si vous le faites à cette heure là, il est conseillé de dormir sur place

Tarifs d’entrée :

  • Étranger (adulte / enfant) : 200 ฿ / 100 ฿
  • Thaï (adulte / enfant) : 40฿ / 20 ฿

Si j’ai mis 3 h pour faire la montée (pauses comprises), il me fallait un peu moins de 2 h pour revenir au niveau du parking au quartier général du parc.

Pensez à prendre de l’eau pour effectuer le trek. Toutefois, il est à noter qu’il y a un tuyau longeant le chemin avec des stations d’eau. Si vous avez une gourde filtrante (je n’aurais pas pleinement confiance autrement), il est possible alors de faire le plein sans avoir à se trimbaler des bouteilles en plastique.

Si le petit snack au campement peut avoir des nouilles instantanée, ça peut faire juste pour manger, prévoyez des barres de céréales pour obtenir un peu de forces et prenez éventuellement un peu de riz gluant avec du parc depuis la cantine du quartier général.

Enfin, n’oubliez pas que vous êtes en montagne. À 1 200 m en hiver (de novembre à début février), il peut y faire frais la nuit si vous décidez d’y camper la nuit. Je recommande d’apporter un pantalon long et une veste légère pour rester au chaud et des vêtements de rechange évidemment parce qu’après la sueur que vous aurez dégagé, pas sûr que la petite douche au sommet suffira.

station eau parc ramkhamhaeng sukhothai

Une station d’eau le long du parcours.

Camper au parc national de Ramkhamhaeng

Pas besoin de vous charger en équipement si vous voulez dormir sur place. Au sommet, vous pourrez normalement tout louer sur place (normalement si pas haute saison). Une tente pour 2 personnes coûte seulement 225 ฿, vous pouvez par principe la réserver en bas au quartier général du parc plutôt que d’attendre d’être en haut pour s’entendre dire qu’il n’y en a plus de dispos…

On vous donnera alors un reçu pour montrer au garde (Ranger) stationné au camping près du sommet qui se chargera alors de monter la tente pour vous. Par défaut, vous aurez aussi un tapis de sol, mais vous attendez pas à du tout confort non plus. Reste qu’il vous faut dans tous les cas un sac de couchage.

Au quartier général en bas, vous avez des bungalows à disposition à 1 200 ฿ et 1 800 ฿ la nuit.

tentes parc ramkhamhaeng sukhothai

Les tentes au sommet (le chien est en option).


bungalows parc ramkhamhaeng sukhothai

Les bungalows en bas.

Rainbow Waterfall

Je signale au passage que si vous ne souhaitez pas ou ne pouvez pas faire cette ascension, il reste possible de profiter du parc national en se rendant à sa cascade, Sai Rung Waterfall, ce qui peut se traduire par la cascade arc-en-ciel. Ce nom lui a été attribué, car les journées de beau soleil, on peut y apercevoir des arcs-en-ciel lorsque les rayons du soleil rencontrent l’eau de la chute entre 11 h et 16 h (surtout valable au 4e niveau).

Si elle fait bien partie du même parc national, cette dernière se trouve dans une toute autre zone que l’accès au sommet, à 35 km au sud. La cascade en elle-même est répartie sur 4 niveaux dont le premier se trouve à 800 mètres de l’entrée, le second à 900 m et enfin respectivement à 1 160  m et 1 200 m.

Zone Ouest du parc historique

La zone située à l’Ouest du site historique comporte des ruines de plusieurs temples qui étaient construits au pied de cette même montagne, et même dessus. Je peux citer le plus connu, le Wat Saphan Hin et son chemin de pierre menant aux restes de l’édifice qui dominait autrefois la plaine où se trouve la vieille cité.

vue depuis wat saphan hin parc sukhothai

Vue depuis les ruines du Wat Saphan Hin.

Se rendre au parc national de Ramkhamhaeng

Si le parc national est à 22 km au sud du parc historique, il peut être plus simple de s’y rendre depuis la nouvelle ville de Sukhothaï, elle-même située à 12 km à l’Est du site classé patrimoine mondial de l’Unesco.

J’ai déjà détaillé dans mon article sur Sukhothaï les infos pour s’y rendre, mais pour résumer, vous avez des bus partant de la station Mo Chit à Bangkok, mais vous aussi vous y rendre depuis d’autres grandes villes comme Chiang Mai. Il y a sinon le train mais l’arrêt le plus proche est à Phitsanulok, à 60 km de Sukhothaï.

khao luang parc ramkhamhaeng sukhothai

Au pied de la montagne.

rizieres pres parc ramkhamhaeng sukhothai

montagne du parc ramkhamhaeng sukhothai

La campagne et les rizières au pied du parc national de Ramkhamhaeng.

Si vous arrivez en bus, l’avantage d’être dans la ville directe permet aussi de bénéficier des transports locaux. Pour en revenir à notre article du jour, vous pourrez emprunter un songthaew pour la journée et profiter du parc national. Ce n’est pas par contre l’option la moins chère puisqu’il faut compter dans les 1 000 ฿. Si vous êtes habilité pour (permis international + permis moto A si français, pour plus de précision, voir mon article sur la conduite en Thaïlande), vous pourrez louer des scooters juste à côté du terminal de bus pour 200-250 ฿ la journée.

En plus d’être moins onéreux, cela vous permettra une liberté de mouvement nettement amélioré. Prenez la direction du sud de la ville en suivant la route nationale 101 (direction Kamphaeng Phet normalement), il faudra couper à un moment en suivant la route transversale 3024 puis rejoindre la 1319. Mais le plus simple est je me doute d’utiliser un GPS ou à défaut, cette carte :

0

Lorsque je découvrais la Thailande en 2006, je ne m'attendais certainement pas à y poser mes valises 2 ans plus tard ! Depuis, je suis basé à Bangkok et je voyage régulièrement à travers toute l'Asie. Je partage mes récits, photos, conseils sur la vie d'expatrié en Thailande et sur les pays d'Asie, pour ceux qui veulent découvrir le pays du sourire, qui cherchent un peu d'aventure et ceux qui rêvent d'Asie (ou ceux qui veulent rêver tout court ;-)

publier un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Sukhothaï : gravir la montagne du parc national de Ramkhamhaeng

by Romain time to read: 13 min
0